Cette soirée du 19 Mai 2002 va rester gravée
longtemps dans ma mémoire ! Supertramp, groupe mythique
des années 70, est ce soir en concert au Palais Nikaïa
de Nice. La dernière fois que le groupe était venu,
c'était vers 1983… A l'époque, les musiciens originels
(c'est-à-dire avec Roger Hodgson) avaient déplacés
30 000 personnes ! Bon, à l'époque, Supertramp
était au sommet de sa gloire. L'album "Breakfast
in America" (1979) avait explosé tous les records
de vente, et les tubes "Logical Song", "Goodbye
Stranger" et "It's raining again" inondaient
les ondes…
Depuis 1983, date à laquelle Roger Hodgson a quitté
le groupe, Supertramp était en perte de vitesse. Ils
sombrèrent presque dans l'oubli… Mais la sortie de l'album
"Some things Never Change", en 1997, va
les propulser à nouveau sur le devant de la scène.
Retour en 2002.
Supertramp vient de sortir un nouvel album,
"Slow Motion" (EMI), et repart en tournée
mondiale. Attention, ça commence …
A 20h45, le rideau de scène n'est pas encore remonté
que raisonnent déjà les premières notes de
"School", à l'harmonica. La soirée
s'annonce bien, Supertramp n'a pas oublié ses anciens
morceaux ! Le saxophoniste mythique du groupe, John Helliwell,
nous accueille avec son traditionnel : "Bienvenue à
une soirée avec Supertramp" (en français
dans le texte). Il va nous servir de "présentateur".
Tout au long du concert, il va nous présenter, avec son humour
caractéristique, les musiciens de Supertramp. Parmi
eux, certains figurent dans le groupe depuis ses débuts (Rick
Davies, John Helliwell, Bob Siebenberg) et d'autres
sont arrivés progressivement, au fur et à mesure des
départs…
Pendant plus d'une heure et demi, Supertramp va nous faire
voyager dans le temps, alternant les nouveaux morceaux ("Slow
Motion", "Over you", "Tenth Avenue
Breakdown"…), les morceaux un peu plus vieux ("Sooner
or later"…), et les très anciens. C'est d'ailleurs
ces morceaux qui vont constituer l'essentiel de la set-list de Supertamp
sur cette tournée. Ils sont venus, ils sont (presque) tous
là : "Bloody Well Right", "Free
as a bird", "Cannonball", "From
now on", "Give a little bit", "Downstream"
(interprétée par Rick, seul au piano), "Another's
man woman", "Take the long way home"…
Que d'émotion, que de souvenirs ! Mais le meilleur reste
à venir… Après que John a présenté le
fondateur de Supertramp, Rick Davies, le premier accord
de "Logical Song" raisonne dans le Nikaïa.
Magique… D'autant plus que, dès cette chanson terminée,
Rick Davies repasse derrière le wurlitzer pour interpréter
"Goodbye stranger". Le public est déchaîné.
Dans la salle, beaucoup de personnes attendaient ces morceaux, car
c'étaient les seuls qu'ils connaissaient !
En effet, parmi le public étaient représentées
environ toutes les tranches d'âge. La génération
35-50 ans, qui suit le groupe depuis ses débuts, la génération
25-35 ans, qui a découvert Supertramp avec les albums
"Breakfast in America" et "Famous
Last Words", et les 15-25 ans, qui ont découvert
le groupe grâce aux best-of sorti il y a quelques années.
Quoiqu'il en soit, il y en a eu pour tous les goûts, et tout
le monde est content.
Fini ? Non, voici les rappels. Avec quatre chansons, parmi lesquelles
"Rudy". Le public peut alors apprécier le
film projeté sur l'écran géant, derrière
la scène. Enfin, arrive le morceau traditionnel qui clôt
les concerts de
Supertramp depuis 28 ans : "Crime
of the Century". Cette chanson prend tout son sens avec
le film d'animation. Lors de la deuxième partie de cette
chanson, la scène est plongée dans le noir, et le
public est projeté dans l'espace. Superbe idée que
celle de la prison au milieu du néant…
Dommage que le morceau culte de
Roger Hodgson, "It's
raining again", ait été volontairement oublié…
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